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Prolapsus génital : cure par promontofixation cœlioscopique

Qu’est-ce que le prolapsus génital ?

Le prolapsus (descente d’organes) est secondaire à une faiblesse des parois vaginales et du soutien musculaire périnéal qui va permettre aux organes pelviens (vessie, utérus, rectum) de produire une hernie (« boule ») qui produit une sensation souvent désagréable de pesanteur, de pression, d’inconfort. Cela peut gêner, voire limiter l’activité physique et affecter l’activité sexuelle, le plus souvent pour des raisons psychologiques (appréhension, image de soi).

Le prolapsus n’est pas une maladie, ce n’est pas dangereux, ce n’est pas douloureux. Il n’y a pas de complications dans la grande majorité des cas. En revanche, cela entraîne une gêne, voire dans certains cas un handicap pour les personnes actives.

L’intervention qui vous est proposée est destinée à traiter votre prolapsus génital. Ce repositionnement s’accompagne d’un renforcement des moyens de soutien de ces organes par l’utilisation d’un tissu de renfort (implant prothétique) synthétique compatible avec le corps humain.

Enfin, il peut être associé une intervention pour traiter l’incontinence urinaire d’effort. En fonction des éléments de votre dossier, il peut être nécessaire de retirer l’utérus, en partie ou en totalité, ou les trompes et les ovaires. Ceci est alors discuté avec votre chirurgien.


Préparation à l’intervention

Des examens complémentaires peuvent être utiles pour planifier au mieux votre intervention.

  • Une consultation d’anesthésie doit avoir lieu quelques jours avant l’intervention.
  • Une analyse d’urine peut être nécessaire. En cas d’infection, l’intervention est différée jusqu’à stérilisation des urines.
  • Pour prévenir les phlébites, des bas de contention peuvent être prescrits, portés pendant l’intervention et jusqu’à reprise d’une activité ambulatoire.

Technique opératoire

L’intervention est menée sous anesthésie générale le plus souvent. Elle est effectuée par voie cœlioscopique à la faveur de 3 ou 4 mini-incisions sur l’abdomen (rarement par une incision abdominale).

Au bloc opératoire, vous êtes installée à plat sur le dos, puis la tête orientée vers le bas. Une sonde urinaire est mise en place en début d’intervention.

Une prothèse synthétique est fixée entre la vessie et la paroi antérieure du vagin. Une deuxième prothèse peut éventuellement être fixée entre le rectum et la paroi postérieure du vagin. La (les) prothèse(s) est (sont) ensuite fixée(s) à un ligament très solide situé en avant de la colonne vertébrale, au niveau du promontoire.


Suites habituelles

  • Le moment de l’ablation de la sonde urinaire est défini par votre chirurgien.
  • La reprise du transit intestinal (gaz) se fait habituellement dans les 48 premières heures. Cependant, une constipation peut vous gêner pendant quelques jours et se prolonger si vous êtes sujette à ce problème. Un traitement laxatif peut alors vous être prescrit.
  • La durée d’hospitalisation est variable, d’un jour à quelques jours.
  • Une convalescence est à prévoir. Sa durée est adaptée au travail que vous exercez.
  • Vous devez vous abstenir de faire des efforts, du sport, de porter des charges lourdes, de prendre des bains et d’avoir des rapports sexuels avec pénétration pendant environ six semaines.
  • Des facilitateurs du transit pour vous éviter de pousser pour aller à la selle peuvent vous être prescrits.
  • Une consultation de contrôle avec votre chirurgien est prévue quelques semaines après l’intervention. Celui-ci décide de la possibilité de reprise de toutes vos activités, en particulier sportives.
  • Vous devez éviter les efforts violents dans les deux mois suivant l’intervention.

Y a-t-il des risques ou des complications ?

Dans la majorité des cas, l’intervention qui vous est proposée se déroule sans complication. Cependant, tout acte chirurgical comporte un certain nombre de risques et complications décrits ci-dessous.

Pendant le geste opératoire :

  • Plaie de vessie
  • Plaie du vagin
  • Plaie de l’uretère
  • Plaie du rectum
  • Plaie des vaisseaux lors de l’abord du promontoire

Dans les suites opératoires :

  • Hémorragie, hématome
  • Douleurs
  • Troubles digestifs et difficultés d’exonération
  • Troubles mictionnels
  • Altération de la qualité des rapports sexuels
  • Migration/infection du tissu de renfort (implant prothétique)
  • Spondylodiscite
  • Fistule

Il est rappelé que toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques y compris vitaux, tenant à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles.


Résultats

Le résultat anatomique et fonctionnel est le plus souvent bon à long terme. Il ne peut cependant pas être garanti.

La récidive du prolapsus n’est pas exceptionnelle, liée à de nombreux facteurs (surpoids, toux chronique, altération de la muqueuse vaginale à la ménopause, constipation…), mais son risque est variable d’une patiente à une autre.

Cette récidive peut donner lieu à une prise en charge médicale ou bien à une nouvelle intervention.

Ce document, complémentaire de l’information orale que vous avez reçue, vous permet donc le délai de réflexion nécessaire et une prise de décision partagée avec votre chirurgien gynécologue.


Informations complémentaires

Cette feuille d’information ne peut sans doute pas répondre à toutes vos interrogations. Dans tous les cas, n’hésitez pas à poser au médecin toutes les questions qui vous viennent à l’esprit, oralement ou par écrit.

Attention !
Fumer augmente le risque de complications chirurgicales de toute chirurgie. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l’intervention élimine ce risque supplémentaire. Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 3989 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.

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